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Se préparer à la RGPD
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Pas de temps à perdre

La nouvelle réglementation européenne sur la protection des données privées entre en vigueur le 25 mai prochain, et elle introduit des changements majeurs. S’y préparer est essentiel ; et la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas nécessairement si compliqué.

Le nouveau Règlement européen sur la protection des données privées – plus couramment appelé RGDP – va bientôt entrer en vigueur en France. Pour rappel, la date du 25 mai est bien l’entrée en vigueur de la règlementation : elle a été votée en avril 2016. Autrement dit, la non-conformité peut être sanctionnée à partir de mai prochain. « Beaucoup d’entreprises n’ont pas pensé que le 25 mai était l’entrée en vigueur, mais une période transitoire, estime Gérard Haas, avocat, fondateur du cabinet Haas. Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, 81 % des entreprises ne sont pas conformité. Et les sanctions sont élevées : jusqu’à 10 millions d’euros, ou 2 % du CA mondial, si on n’a pas respecté les principes directeurs ; jusqu’à 20 millions d’euros, ou 4 % du CA mondial, si le droit des personnes a été bafoué. » Les grands groupes sont en ordre de marche : banques, assurances, acteurs de l’énergie… « Les entreprises qui nous contactent pour demander la certification AFAQ Protection des données personnelles sont souvent celles qui ont déjà bien entamer la mise en conformité au RGPD. Ce sont aussi des sous-traitants qui anticipent les demandes de leurs donneurs d’ordre », explique Benoît Pellan, expert produits confiance numérique, RGDP, cyber-sécurité chez AFNOR Certification. Mais il en va tout autrement pour les ETI et les PME – sans même parler du secteur public. « Les principes sont connus : ce sont des évolutions des lois qui se succèdent depuis 40 ans, estime Xavier Leclerc, CEO de DPMS. Si le travail a déjà a été fait, se mettre en conformité avec la RGDP ne demandera pas beaucoup d’effort. » Encore faut-il avoir fait le travail précédent. La plupart des intéressés ne savent pas qu’il fallait faire une déclaration à la CNIL ; alors, pour l’étape suivante…

Les grands principes

La RGDP a plusieurs objectifs : créer la confiance, responsabiliser les acteurs, et assurer une meilleure sécurité juridique de la collecte. Pour ce faire, elle introduit plusieurs évolutions, certaines étant plus radicales que d’autres. La première est une nouvelle approche de la responsabilité des entreprises, qui passe du déclaratif à une obligation de preuve, et qui est maintenant partagée entre les acteurs qui traitent les données (typiquement l’entreprise et certains sous-traitants). De fait, chaque entreprise pourra mettre en place un traitement sans le déclarer à la CNIL. En revanche, il doit tenir à jour un registre de tous les traitements actifs : envers le personnel, les clients, et les sous-traitants.

De nouveaux droits, qui concernent les salariés et les clients, sont aussi établis formellement : le droit à la portabilité et à l’effacement des données, le recours au consentement systématique pour la phase de recueil… « Autre point, le règlement renforce les obligations de sécurisation : on passe d’une obligation de moyens à une obligation de résultats, explique Gérard Haas. Et trois risques en particulier sont mis en avant : le vol, la modification et la suppression. » Pour piloter le tout, la RGDP recommande la création d’un nouveau poste : le Data Privacy Officer (DPO), en charge du bon traitement des données dans l’entreprise.

Tout le monde (ou presque) est concerné

La RGDP s’applique de façon plutôt large : toute entreprise qui traite les données d’un résident européen est censée respecter, pour ses données tout du moins, les exigences européennes. En fait, tout le monde est concerné, du moins au-dessus du seuil de 250 salariés. Pour les entreprises de taille plus modeste, elles échappent aux nouvelles obligations – sauf si elles traitent des données de masse (service marketing, commercial d’une certaine taille…) ou travaillent dans un secteur à données sensibles. « De fait, tout le monde est concerné, à partir du moment où l’on traite des données d’un client européen, car les données à caractère personnel couvrent un territoire très large, mais pas au même niveau : certains ne dénombreront que cinq à dix traitements différents dans leur entreprise », rassure Xavier Leclerc. Reste à déterminer ce qui s’applique et à qui. « Nous avons fondé, avec d’autres acteurs de l’industrie du Cloud, l’association CISPE, et nous avons établi un code de conduite pour expliquer les obligations de chacun, explique Jules-Henri Gavetti. Par exemple, en tant qu’hébergeur, nous ne traitons pas les données des clients de l’entreprise ; mais nous avons un rôle important à jouer pour l’obligation de prévenance, par exemple. » En pratique, cela veut dire, par exemple, qu’un hébergeur n’est pas responsable des données ; qu’il faut faire relire les mentions légales et CGV de son site par un avocat spécialisé ; ou encore, qu’il faut revoir ses formulaires de contact sur le site pour minimiser les données échangées, pratiquer l’opt-in… « Les démarches ne sont pas complexes, mais demandent de l’organisation – en fait, elles demandent de prendre de nouvelles habitudes organisationnelles », résume Jules-Henri Gavetti, président et co-fondateur d’Ikoula. En fait, « Les 6 étapes préconisées par la CNIL visent à structurer un projet de mise en conformité en vue de l’échéance du 25 mai 2018 », résume Benoît Pellan. Beaucoup des étapes sont de l’ordre de l’accompagnement. Mieux encore : beaucoup des transformations à mener partagent des étapes, que l’on peut du coup mutualiser.

Désigner un pilote

La CNIL a publié, en début d’année, un livre blanc qui fait office de guide, et qui offre un fil directeur pour mener sa mise en conformité. Et la première étape, c’est de désigner quelqu’un qui supervisera tout le processus, en sera le point de contact, etc. : cette personne, c’est le DPO. « La gouvernance doit pouvoir se montrer capable d’être «RGDP-friendly», souligne Xavier Leclerc. Cela passe par la nomination d’un DPO, qui n’est pas obligatoire pour tous, mais apporte certains avantages. » Cette obligation, notamment, s’impose à l’ensemble du secteur public : autant dire que sans mutualisation des postes, c’est un objectif qui ne sera pas rempli d’ici au 25 mai.

Avoir un responsable aide à mutualiser les coûts et l’expertise, à condition qu’il occupe une position transverse dans l’entreprise. Il doit pouvoir travailler avec tous – notamment les RH, la DSI… Du coup, son indépendance, voire sa présence au conseil d’administration, sont des éléments utiles. Le problème est qu’il s’agit d’un métier nouveau, et qu’il est donc délicat de faire son choix. Mais de l’aide est prévue. « J’ai créé en 2017 l’UDPO (L’Union de DPO), en partenariat avec le bureau Veritas, pour certifier les experts », souligne Xavier Leclerc. De quoi déjà pouvoir faire une premi­­ère sélection…

Constituer un registre

C’est l’un des éléments essentiels pour l’évolution de la responsabilisation : le registre. Il recense l’ensemble des traitements de données personnelles dans l’entreprise, les catégories de données personnelles traitées, les objectifs poursuivis par les opérations de traitements de données, les acteurs (internes ou externes) qui traitent ces données, notamment les prestataires sous-traitants, et enfin les flux en indiquant l’origine et la destination des données, afin notamment d’identifier les éventuels transferts de données hors de l’Union européenne.

La CNIL proposera un modèle – a priori un simple fichier Excel – pour le registre. Ce ne sera pas le seul outil disponible pour le constituer, mais c’est une bonne base de départ. À noter que même si le registre n’est pas obligatoire, une entreprise a tout à gagner à se plier à l’exercice, qui est loin d’être inutile.

Identifier et prioriser les actions

Une fois le recensement fait, chaque traitement doit être analysé et évalué, pour pouvoir ainsi construire un plan d’actions cohérent. Plusieurs critères sont utilisés. Tout d’abord, il faut s’assurer que seules les données strictement nécessaires à la poursuite des objectifs sont collectées et traitées – « en pratique l’approche privacy-by-design, cela veut dire qu’il faut réfléchir aux données strictement nécessaires, et aux conditions de leur exploitation, au moment où l’on commence la réflexion sur un traitement », estime Benoît Pellan – identifier la base juridique sur laquelle se fonde votre traitement (par exemple : consentement de la personne, intérêt légitime, contrat, obligation légale) et réviser en conséquence les mentions d’information ; vérifier que les prestataires et sous-traitants connaissent les nouvelles obligations et responsabilités – « il va falloir procéder à une grande lecture contractuelle, avec les salariés, mais aussi avec les fournisseurs et les prestataires », souligne Gérard Haas –, prévoir la mise en place des procédures nécessaires au respect du droit (d’annulation, modification, consentement…), et enfin, vérifier les mesures de sécurité en place.

Gérer les risques

« Les études d’impact sont la seule réelle nouveauté de la RGDP, dans le sens où c’est maintenant à l’entreprise de les mener, même si cela ne concerne que quelques processus exceptionnels », souligne Xavier Leclerc. Les PIA, analyses d’impact sur la protection des données, sont à mener sur les traitements qui présentent des risques élevés. Pour savoir si un traitement rentre dans ce cadre, la CNIL donne neuf critères (deux suffisent), dont la surveillance systématique, les décisions automatisées, la grande échelle…

Un PIA contient plusieurs éléments : une description du traitement étudié et de ses finalités ; une évaluation de la nécessité et de la proportionnalité des opérations de traitement au regard des finalités ; et une évaluation des risques pour les droits et libertés des personnes concernées, les mesures envisagées pour faire face aux risques.

Organiser les processus internes

Pour assurer tout cela, les processus internes vont devoir évoluer. Il suffit parfois de pas grand-chose, comme de vérifier si les logiciels utilisés sont en conformité. Toutes les solutions ne sont pas conformes : par exemple, les logiciels RH américains n’ont pas de raison de se prêter au jeu de la RGDP en matière, par exemple, de collecte. « Un point particulièrement complexe est soulevé quand le département RH d’une entreprise équipée de solutions en mode Saas veut récupérer les informations récoltées pour le compte de l’entreprise », estime Jules-Henri Gavetti.

Sans oublier les contrats conclus avec les prestataires : par exemple, ils n’intègrent pas de clause de droit d’accès ou de modification. « Dans le cas d’un CRM dans le Cloud, par exemple, il va falloir envoyer un courrier en recommandé à l’éditeur, pour demander la conformité à la RGDP et l’extraction de ses processus de traitement pour les intégrer à l’entreprise, qui en a besoin pour son registre », explique Jules-Henri Gavetti.

Par ailleurs, « un autre changement majeur est l’obligation de déclarer une faille de sécurité dans un délai de 72 heures, une mesure qui s’applique à tous », précise Gérard Haas. La mesure tranche fortement avec les actions pratiquées jusqu’à maintenant, où Yahoo a mis plus de six mois avant de déclarer sa faille… Il est vrai qu’il existe un risque d’alerter les pirates à une vulnérabilité, avant d’avoir pu étudier leur modus operandi.

Documenter

Mais mener toutes ces opérations ne sert à rien si le résultat final (voire le processus dans son intégralité) n’est pas documenté, car c’est sur la documentation que reposeront les contrôles. Traitements, information des personnes, contrats… L’exhaustivité est de mise. Et c’est un travail qui doit être fait en continu : il faut pouvoir prouver qu’à l’instant t, l’entreprise était en conformité – et non à t-2 ans.

« Au 6 étapes de la CNIL, nous proposons une septième étape pour l’après 25 mai 2018: la certification, explique Benoît Pellan. Le principe est de mettre en place des mesures techniques et opérationnelles pour soutenir la conformité au RGPD dans le temps et déployer un plan d’action pour renforcer progressivement la protection des données personnelles. Cela permettra aux entreprises, par exemple, de répondre aux obligations envers les sous-traitants, et inversement. » Le référentiel est presque prêt : les lignes directrices de la CNIL, attendues sous peu, permettront de l’achever. Cette nouvelle certification RGDP n’est pas à confondre avec la norme ISO27001, qui s’attache à la sécurité informatique dans les entreprises ; mais il est à noter qu’une nouvelle version de la norme 27001 est en préparation, qui intègrera les évolutions apportées par la loi européenne. Une piste à explorer.

Jean-Marie Benoist


Se former dans le digital marketing et le e-commerce
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Faut-il être un geek pour faire du marketing 2.0 ?

Si hier les entreprises faisaient la distinction entre marketing et marketing digital, il est aujourd’hui admis que toutes les stratégies marketing se pensent avec le digital. Quelles sont pour autant les dernières tendances en matière de formation en la matière ?

La transformation digitale des entreprises et plus particulièrement des métiers du marketing implique de recruter des profils de plus en plus tournés vers le digital. « Chaque année, nous voyons que le digital est devenu incontournable. Les entreprises sont de plus en plus à l’écoute de ce qu’il se passe sur le sujet, même les plus réticentes », explique Paul Nathan, directeur de l’Institut du marketing digital lancé par l’ESSCA. Une tendance de fonds qui implique de recruter des profils de plus en plus tournés vers ces nouveaux enjeux. Des employés qui sont notamment au fait qu’une stratégie marketing se pense aujourd’hui d’abord sur le mobile. « Aujourd’hui, nous sommes à près de 70 % des stratégies qui se font sur mobile. Il est devenu crucial de l’intégrer dans sa stratégie », complète Paul Nathan. Au-delà du support, former aux nouvelles techniques de marketing digital est devenu une nécessité dictée par le marché, selon Vincent Montet, directeur des MBA spécialisés Digital marketing et Business à l’EFAP : « Depuis deux ans, le premier levier d’investissement publicitaire est le digital, devant même la télévision. Nous serions des escrocs de ne pas former aux premiers leviers d’investissement publicitaires ! » Les formats à prioriser évoluent eux-aussi : « Nous passons des contenus traditionnels à la vidéo. Elle devient totalement incontournable », explique Paul Nathan. Une tendance particulièrement regardée par les entreprises qui attendent que leurs futures recrues soient forces de proposition sur le sujet, sur la base notamment de leur consommation personnelle de contenus.

La nécessité de savoir prototyper

Pour autant, il est difficile de définir un profil qui corresponde de manière globale aux attentes des entreprises. Paul Nathan les sépare d’ailleurs en deux catégories : « D’abord, celles qui ont un virage digital déjà amorcé et qui manquent de compétences dans un domaine particulier. Elles ont déjà réfléchi à la stratégie qu’elles souhaitent mettre en place et vont chercher une sorte de mouton à cinq pattes. Les deuxièmes, au contraire, sont encore en attente d’un électrochoc car tout cela est nouveau pour elles. » Le «mouton à cinq pattes», l’expression revient souvent. Une personne capable de traiter un large panel de sujets digitaux, et surtout capable d’apprendre ce qu’elle ne sait pas. « Deux nouveaux prérequis ont fait leur apparition pour le développement d’un business aujourd’hui », explique Mélanie Viala, directrice générale des Ecoles supérieures du digital. « La maîtrise du code et la maîtrise des outils de création sont devenues deux compétences incontournables pour devenir chef de projet digital ou «webmarqueteur». » Une double compétence recherchée par les entreprises afin de pouvoir gérer un projet de transformation digitale en interne.

Cette flexibilité des compétences doit permettre à ces futurs diplômés de changer leur façon d’agir en entreprise. Il est toujours attendu d’eux qu’ils soient forces de proposition, mais ils doivent à présent être capables de projeter leur entourage dans leur projet. Comment ? En proposant des prototypes. « La capacité à prototyper est une tendance lourde que nous anticipons également, explique Mélanie Viala. L’étudiant doit savoir prototyper, mais aussi coder et comprendre les environnements digitaux. » Une analyse partagée par Guillaume Watson, Head of Online CRM & Digital au sein du site de réservation d’hôtels en ligne AMOMA.com. « Au sein d’AMOMA, nous allons chercher des personnes qui ont une bonne appréciation de l’environnement web, et qui savent utiliser les outils numériques. » Ce dernier évoque même un profil de Power Users, des profils capables de passer d’un sujet à l’autre de manière intuitive, mais aussi capables de comprendre comment est construit l’outil. « Il doivent savoir manager une multitude de projets en même temps et bien sûr savoir définir leur priorité face aux problématiques », complète-t-il.

LV2 : CSS+ ?

Cette nécessité d’être capable d’intégrer les notions basiques de code s’explique par le fait que tous les outils nécessaires à la mise en place d’une stratégie de marketing digital y font appel. « Que ce soit pour faire du SEO, mais aussi pour créer une landing page, ou faire de l’A/B testing, il est nécessaire d’avoir des bases de code », explique Mélanie Viala. Les futurs diplômés doivent donc connaître les différents langages informatiques, ou du moins leurs usages ainsi que les environnements techniques. « On ne peut pas maîtriser un projet digital si on ne sait pas où il va s’intégrer », martèle Mélanie Viala. Dans le cadre du e-commerce notamment, elle rappelle que les sites marchands font appel à de nombreux partenaires technologiques, du programme de fidélisation au moyen de paiement. Un concert de technologies que le chef de projet digital doit savoir orchestrer et imbriquer entre elles.

Se mettre à la place de l’utilisateur avec l’UX

L’IAB France, qui s’est donné pour mission de structurer le marché de la communication sur Internet, édite tous les ans un classement des compétences digitales essentielles pour le marketing, en partenariat avec le Hub Institute. Parmi elles, la gestion de projet figure en pole position, suivie de la maîtrise des outils d’analyse, de la gestion CRM et des réseaux sociaux. Si les cinq premières ne sont pas d’une grande surprise, deux nouvelles compétences font leur apparition en 2017 : le marketing automation et la connaissance des métiers UX. Le marketing automation est le fait d’envoyer des mails personnalisés et automatiques à des prospects ou clients tandis que l’UX signifie User experience et traite de l’analyse du comportement client. « Chez AMOMA, nous brassons des volumes très importants de mailings. Le but est de driver le processus décisionnel par rapport au comportement client afin d’obtenir le meilleur taux de conversion. L’UX se charge de compiler le design avec l’IT et l’analyse du comportement client sur ces supports », explique Guillaume Watson. Un métier qui nécessite là encore à savoir jongler entre différents univers digitaux : « Connaître l’expérience utilisateurs n’est pas juste une question de marketing, c’est une question d’interface utilisateur, de référencement, d’analytics, et du coup tous ces métiers s’entremêlent au service de l’UX », complète Mélanie Viala.

Pas de stratégie sans data

La notion de User experience est elle-même induite par une autre tendance forte en matière de marketing digital attendue par les recruteurs : l’utilisation de la data. « L’UX fait appel, entre autres, à l’analyse de parcours cassés ou de zones de friction sur une page. Du coup il n’y a plus d’UX sans data », explique Mélanie Viala. Derrière ce mot légèrement galvaudé se cachent plusieurs réalités au marketing. D’abord il s’agit d’identifier les gisements de valeur autour de la data. Les entreprises génèrent énormément de données et doivent se demander comment les optimiser. Celles-ci peuvent être utilisées afin d’identifier de nouvelles opportunités business. La deuxième réalité est celle de l’analyse de metrics sur des campagnes marketing, qui rejoint donc la User experience. Dès lors ces deux métiers impliquent-ils que le marketing devienne une compétence d’ingénieur ? « Tout dépend de ce que l’on appelle la data, répond Guillaume Watson. S’il s’agit de manager des campagnes, il faut que la personne soit à l’aise avec l’analyse statistique. En revanche, si ce sont des campagnes d’intention d’achat sur des données client, les profils IT seront privilégiés car ils seront plus à l’aise avec la donnée client qui transite sur le site. »

Intelligence artificielle

Au-delà de ces deux métiers, les écoles et centres de formation se préparent déjà aux nouveaux bouleversements à venir dans le marketing digital. « Nous explorons trois nouvelles tendances, explique Vincent Montet, la Voice Experience, la blockchain et l’intelligence artificielle. » Si les deux premiers sont encore dans la prospective, l’intelligence artificielle commence à se faire une place auprès des marqueteurs. « C’est une vague qui bouleverse à la fois le traitement de la data et le métier du marqueteur », complète-t-il. Du côté d’AMOMA, l’intelligence artificielle est également regardée de près, voire déjà utilisée : « Il est évident que c’est une tendance, explique Guillaume Watson, après cela dépend du degré d’intelligence que l’on peut appliquer à son business. » Si le site de réservation d’hôtels en ligne y fait appel, cela s’apparente aujourd’hui plus à de la recommandation.

Vers du longlife learning ?

Pour autant, si toutes ces compétences apparaissent de plus en plus indispensables au marketing des entreprises, les postes commencent tout juste à émerger. « Les entreprises ont créé au départ des contrats professionnels pour ces nouveaux métiers. Puis voyant l’intérêt de ces compétences, elles commencent à transformer les contrats de nos étudiants en poste à temps plein », explique Mélanie Viala. Si les entreprises ont conscience de la nécessité d’évoluer, cela prend parfois du temps, et les formations peuvent être en avance sur leurs besoins. Un décalage qui rend la tâche d’enseigner le digital malaisée. Les centres de formation doivent distinguer ce que l’on peut apprendre aux étudiants, ce que l’on peut anticiper, et la prospective pure. « C’est une des problématiques d’enseigner le digital, explique Vincent Montet. Certains éléments de prospective deviennent des tendances, dont certaines deviennent à leurs tours des fondamentaux. En tant qu’enseignants nous devons constamment jouer avec cette prise en direct du marché. »

En entreprise, cette difficulté à prédire l’avenir et l’émergence de nouveaux métiers parfois très techniques peut créer de l’angoisse vis-à-vis des salariés déjà en place. Pour cela, toutes les écoles proposent également des formations continues afin d’accompagner les professionnels dans la compréhension des nouveaux enjeux. « Depuis quelques années, la violence de l’employabilité avec la compétence digitale vis-à-vis des plus de trente ans monte en puissance. Il peut devenir très compliqué de se maintenir à son poste si l’on n’a pas cette compétence », explique Vincent Montet. Pour cela les entreprises font aussi appel aux écoles afin de dédramatiser le rapport au digital. L’Ecole du digital a, par exemple, organisé un reverse mentoring vis-à-vis de 180 employés de Cetelem. « Certaines personnes peuvent avoir peur de perdre leur emploi à cause du digital, nous essayons de les convaincre et de leur parler du numérique de façon positive », explique Mélanie Viala. Car en matière de digital, les choses évoluent si vite que jeunes et moins jeunes sont égaux face à l’ignorance des fondamentaux de demain…

Nicolas Pagniez


Montpellier SupAgro, AgroParisTech et Agrocampus Ouest se regroupent
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Regrouper les grandes écoles agronomiques pour créer un ensemble de 1er rang mondial sur les questions d’agriculture, d’alimentation, et de sciences et technologies du vivant. Les directions estiment que ce regroupement est indispensable pour leur permettre d’opérer les grandes mutations nécessaires face aux nouveaux défis (augmentation du nombre d’étudiants, adaptation aux nouveaux enjeux et réponses aux besoins du monde économique et des filières, projection à l’international, ouverture à des métiers émergents, transformation numérique et pédagogique, etc.). D’une seule et même voix, les directions affirment également que ce regroupement est essentiel pour renforcer la visibilité, l’attractivité et l’influence de la France sur les questions d’agriculture, d’alimentation, d’environnement et des sciences du vivant en constituant un ensemble de premier rang mondial au même titre que les grands centres de référence à l’international sur ces questions tels que Wageningen aux Pays-Bas, ou Davis ou Cornell aux Etats-Unis. Le nouvel établissement d’enseignement supérieur et de recherche sera opérationnel au 1er janvier 2020 et regroupera 6 000 étudiants (ingénieurs, masters et doctorants) et 500 enseignants-chercheurs sur l’ensemble des champs des sciences et technologies du vivant.

Source : AgroParisTech


Champagne-Ardenne : union de l’université et des grandes écoles
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L’ensemble des acteurs de la région se sont fédérés le 21 mars. Un premier pas institutionnel avant la mise en place de projets concrets qui permettra avec cette nouvelle bannière de renforcer l’attractivité des écoles et des universités. L’association regroupe 14 membres : l’université de Reims Champagne Ardenne (Urca) et celle de Troyes (UTT), les business schools (Neoma, ESC Troyes), les écoles d’ingénieurs, l’école du travail social (IRTS) mais aussi le Crous et le CHU, sans oublier les écoles à dominante artistique (école du cirque, école du design). AgroParisTech, l’École des arts et métiers de Châlons (Ensam), et l’Institut de la marionnette de Charleville doivent prochainement emboîter le pas.

Source : UTT


Eurécia et l’UPSSITECH développent une IA au service des RH
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22 étudiants de la filière Systèmes robotiques et Interactifs (SRI) de l’UPSSITECH, l’école d’ingénieur de l’université Toulouse III-Paul Sabatier, collaborent au développement d’un robot interactif nommé Ziggy pour accompagner Eurécia, éditeur d’un logiciel 100% web de gestion administrative du personnel et de gestion des talents, dans ses missions RH et événementielles. L’objectif fixé aux étudiants est de développer l’usage du robot français Ziggy en entreprise pour améliorer la communication et la gestion des ressources humaines.

Un prototype, réalisé en cinq mois, répond au cahier des charges exprimé par Eurécia : développer et expérimenter un robot interactif d’accueil qui puisse assister les services RH et communication dans leurs missions, et in fine, contribuer à créer un environnement propice au bien-être des collaborateurs. Ce projet s’inscrit dans le Projet de grande envergure (PGE) de la formation de 3e année SRI de l’UPSSITECH, projet longue durée dans lequel les étudiants de dernière année (niveau bac+5) apprennent à gérer toutes les facettes d’un projet industriel. L’enjeu principal est d’humaniser le robot, et le doter de la capacité de pouvoir interagir de manière naturelle, fluide et intelligente. Il pourra notamment apporter son soutien aux collaborateurs d’Eurécia pour l’accueil des visiteurs, sonder l’humeur des salariés, aider à l’organisation des événements, identifier le bon interlocuteur pour un projet.

Source : UPSSITECH


TSM (Toulouse School of Management) lance sa nouvelle offre de formations courtes
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Ce lundi 5 mars a été l’occasion pour l’ancien IAE de Toulouse de présenter sa nouvelle offre de formations courtes intra- ou inter-entreprises à destination des managers et des dirigeants. Au programme, des formations pluridisciplinaires permettant d’accompagner l’ensemble des entreprises de son territoire. Ces formations courtes et ciblées permettront aux collaborateurs de perfectionner leurs compétences et d’approfondir leurs connaissances métier. Ce format favorise les échanges et le partage d’expérience et permet aux professionnels de construire un véritable parcours personnalisé. Les entreprises pourront ainsi renforcer leur expertise en comptabilité-contrôle, finance-fiscalité, ressources humaines, marketing ou encore stratégie.

Source : Toulouse School of Management


GEM et C3R proposent une formation en data pour les adultes Asperger
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74 à 86 % des adultes Asperger ne travaillent pas, sont en situation de chômage ou occupent un poste sous-évalué par rapport à leurs compétences (Barnard et al., 2001). En parallèle, 900 000 emplois dans le secteur des data seront non pourvus en 2020. Face à ce double constat, Grenoble école de management (GEM) en partenariat avec le Centre ressource de réhabilitation psycho-sociale et de remédiation cognitive (C3R) créent une nouvelle formation dans les data destinée aux personnes porteuses du syndrome d’Asperger et aux entreprises désireuses de recruter un étudiant de la formation. Le but : faciliter l’accès et le maintien en emploi de profils Asperger en répondant à la pénurie de compétences dans le domaine des data. Ouverture prévue en janvier 2019. Accessible après le bac, le cursus est réservé aux personnes de plus de 18 ans porteuses du syndrome Asperger (diagnostiquées ou en cours) et principalement référées par des Centres de ressources autisme. Il alternera cours en ligne et sessions en présentiel pendant six mois. « Les cours à distance seront assurés par des professeurs de GEM et porteront sur le big data, le développement de logiciels, et la cybersécurité. La partie en présentiel sera assurée par des coachs Asperger et sera axée sur la recherche d’emploi, l’aspect social, l’intégration et le maintien en entreprise », explique Laurence Sirac, directrice du programme et responsable de l’insertion professionnelle au sein de Grenoble école de management pour les MBA et les masters, elle-même diagnostiquée Asperger. Les entreprises qui souhaiteront bénéficier de la formation pourront recruter un collaborateur formé aux spécificités des métiers des data, rigoureux, efficace et expert dans son domaine. Le coaching proposé à la prise de fonction de la nouvelle recrue permettra de former les salariés de l’entreprise, incluant la future équipe de travail du diplômé. Un suivi individuel régulier pour la prise de poste sera assuré par GEM afin d’optimiser les performances de ces profils.


Vestiaire Collective
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Est-ce exagéré de pressentir la plateforme internet spécialisée dans les produits de mode et de luxe d’occasion comme une future licorne ? Certainement pas, tant Sébastien Fabre, PDG et cofondateur de la jeune pousse, a su dès le début marier luxe et seconde main pour attirer une clientèle toujours plus large. L’entreprise qu’il dirige a connu une croissance annuelle supérieure à 70 % depuis sa création en 2009 ; 600 000 articles sont disponibles sur le catalogue en ligne de ce leader européen du luxe d’occasion, pour le plus grand bonheur des six millions de membres. Vestiaire Collective est physiquement implanté à Paris, Londres, Milan, Berlin et aux Etats-Unis. 70 % de ses produits sont livrés à l’étranger, dans 49 pays au total. 70 % des ventes se font sur mobile… De quoi faire pâlir les acteurs de la Fashion Tech à qui il n’a certainement pas échappé que la start-up a encore levé 58 millions d’euros début 2017 auprès de Vitruvian Partners, un fonds britannique qui réalise son premier investissement en France, mais également auprès de ses investisseurs historiques Eurazeo et Idinvest Partners. Ce sont 116 millions d’euros qui ont été réunis depuis la création de la plateforme communautaire qui lorgne du côté de l’Asie-Pacifique pour exporter son modèle. L’ambition de devenir le leader mondial de la mode d’occasion – sacs à main, pendentifs, paires de ballerines, etc., transitent sur cette place de marché qui retient 25 % de commission –, n’est pas utopique pour cette société qui a encore créé 120 emplois en France et à l’étranger. Les 65 % de chiffre d’affaires déjà réalisés hors de France sont un bon indicateur…


Les Living Labs ou la recherche au service du soin
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Sur le modèle du Fab Lab, le Living Lab regroupe les chercheurs, les amateurs et les bidouilleurs de solutions à destination des personnes en situation de handicap, des seniors, des individus dépendants ou encore des aidants. Les Living Labs favorisent l’autonomie à tous les âges de la vie et le bien vieillir. Les professionnels de la santé, les familles, les malades et les financeurs se retrouvent autour d’un projet d’innovation ouverte qu’il s’agit de co-construire. L’essentiel est de démocratiser l’accès au soin et de réduire les coûts de certains équipements médicaux très lourds.


Zei, accélérateur d’écologie
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Comme dit le proverbe québécois : « Les bottines ne suivent pas toujours les babines. » 84% des Français sont sensibles aux problèmes environnementaux. Ils sont bien moins nombreux à mettre leurs actes en conformité avec leur pensée. Zei est une ‘appli’ qui fonctionne comme un jeu vidéo et un réseau social qui récompense les bonnes actions écologiques sur le principe du reward. Pour chacune des actions écologiques proposées sur la plateforme (événement, bénévolat, don…), le citoyen investi gagne des points qui se transforment en récompenses (massage bio, allume-feu solaire, box bien-être…). « Vous allez adorer faire de l’écologie ! »


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